Portage salarial : le « coup de gueule » de la Fédération Européenne

Publié le 11 juin, 2013 – 06:45 par Jean-Pierre Largillet – Vu 154 fois

« 30.000 non-cadres exclus du dispositif ! », suite à l’arrêté qui rend applicable l’accord national professionnel du 24 juin 2010 s’insurge la Fédération Européenne du Portage Salarial. « Après les autoentrepreneurs, voilà le grand boulevard qui s’ouvre de la destruction entrepreneuriale », tonne la Fédération qui dénonce « un plan social gouvernemental insupportable socialement et inacceptable économiquement ».

Un grand « coup de gueule » de la Fédération Européenne du Portage Salarial (FEPS) à la suite d’un arrêté publié le 8 juin qui rend applicable l’accord national professionnel du 24 juin 2010 relatif à l’activité de portage salarial. La raison ? « Cette redéfinition du portage salarial exclut en effet la plupart des métiers, mais également toutes les activités ne permettant pas d’atteindre un salaire mensuel d’au moins 2 900 euros, ainsi que toutes les personnes dont les activités ne permettent pas de financer les charges supplémentaires du statut cadre imposé », explique la FEPS qui a déjà longuement bataillé contre cet accord négocié principalement avec les grands acteurs du travail temporaire.

« Après les autoentrepreneurs, voilà le grand boulevard qui s’ouvre de la destruction entrepreneuriale. En excluant du portage salarial les non-cadres, le gouvernement annonce un vaste plan social de 30.000 personnes, » tonne Guillaume Cairou, président de la Fédération Européenne du Portage Salarial (FEPS) et fondateur du groupe Didaxis, 1er acteur du marché du portage salarial en France. « C’est insupportable socialement et c’est invraisemblable économiquement. Une autre voie est possible. Dans un marché de l’emploi morose où les recrutements sont en recul, la décision du ministre du Travail Michel Sapin, est incompréhensible« .

« En limitant ce champ d’application, cet accord exclut de fait plus de 54 % des portés actuellement en activité », estime la Fédération. « À terme, cela pourrait limiter à 50 000 le nombre des professionnels créant leur activité en portage au lieu d’un potentiel estimé à 600 000. À l’inverse, un cadre élargi et cohérent permettait d’ouvrir au plus grand nombre les avantages exclusifs du portage salarial en matière de sécurité et de flexibilité ».

La FEPS demande aussi à rencontrer Michel Sapin, pour améliorer le dispositif existant et permettre au portage salarial de se développer dans un cadre juridique sécurisé, et de constituer un véritable tremplin pour le retour à l’emploi et la création d’entreprise.