Une majorité de syndicats refusent de signer l’accord sur le portage salarial

Source :
LES ECHOS

[ 15/06/10 – 01H00 – Les Echos – actualisé à 00:35:38 ]

Dix-huit mois de négociation n’auront pas permis aux partenaires sociaux de se mettre d’accord clairement sur la manière d’encadrer le portage salarial. Trois syndicats sur cinq ont décidé de ne pas signer le texte qui leur était soumis à signature jusqu’à hier soir par le Prisme, fédération patronale de l’intérim chargée des négociations. Et les deux autres réservent encore leur réponse jusqu’à ce matin.

Après la CGT et FO la semaine dernière (« Les Echos » du 11 juin), la CFTC a fermé hier la porte à un accord majoritaire sur le texte. « Constatant et déplorant que la partie patronale refuse d’accéder à deux revendications fondamentales pour notre union, à savoir l’exercice exclusif de l’activité de portage et le salaire minimum, le conseil d’administration de l’Ugica-CFTC refuse de parapher cet accord » justifie la centrale syndicale, qui ne compte pas en rester là. Et d’expliquer qu’elle a reçu mandat du conseil confédéral « de tout faire pour s’y opposer, y compris en exerçant un droit d’opposition si un accord actant cet élément devait voir le jour ». Dont acte pour la CGC et la CFDT, qui ont décidé de remettre leur décision à ce matin. Espérant que ce délai supplémentaire incitera le Prisme à faire de nouvelles concessions. « La situation est d’autant plus sensible qu’il semblerait que FO envisage un droit d’opposition sur un autre point : le contrat de travail retenu » explique un syndicaliste.

Dérive « élitiste »

Ces rebondissements mettent en évidence le sentiment d’insatisfaction des négociateurs. Un sentiment partagé par les professionnels du portage. « On se sent dans une situation de blocage », regrette Emmanuel Martin, gérant associé d’ETM Portage et membre fondateur de la Fédération nationale du portage salarial (FNPS). Il pointe par exemple le niveau de rémunération retenu par le Prisme comme par les syndicats. « A ce niveau-là, près de 54 % des personnes qui passent par nous ne pourront plus travailler », avance-t-il, en dénonçant une dérive vers un « portage élitiste ».
CLAUDE FOUQUET, Les Echos