Le marché de l’emploi informatique, BOUM puis CRASH…

Ceux qui ont vécu le boum du passage à l’An 2000 et de la bulle Internet se souviennent aussi de la dépression du marché de l’emploi de 2001 à 2003.

Marché de l'emploi informatique

Alors que les SSII connaissaient une hausse de leur chiffre d’affaire de 20% l’an, elles ont été confrontée, entre 2001 et 2003, à une chute brutale de leurs commandes.  Or, s’il est un secteur d’activité où les recrutements sont directement corrélés à l’évolution du CA, c’est bien le secteur de la prestation de service en informatique. C’est ainsi qu’alors, près de 20% des cadres en recherche d’emploi adressés par l’ANPE à l’APEC, étaient des informaticiens, en 2002.

Gérer sa carrière

De ces hauts et bas du marché, les informaticiens ont gardé un goût amer. La sécurité d’un CDI s’évapore bien vite quand les intercontrats s’accumulent dans les sociétés ! La seule façon d’éviter de faire les frais d’un brutal retournement du marché, surtout pendant des périodes de forte croissance, et de plein emploi que nous connaissons en ce moment, c’est de s’approprier les outils de gestion de sa propre carrière.

Pour piloter sa propre carrière, un informaticien, comme tout cadre, peut utiliser à bon escient, le Bilan de Compétence. Un Bilan, en effet, c’est environ 20 h de travail sur sa trajectoire professionnelle, un travail de mise en lumière des tours et détours de son parcours.

Il s’agit de prendre un peu de recul sur soi-même, sur ses valeurs, sur ses motivations, qui auront évolué au cours des années. Ensuite, il s’agira pour l’informaticien, de mettre son projet en forme, en l’exprimant à l’oral mais aussi, et surtout, à l’écrit !

Définir un plan d’action, agencer ses modules de formation

La société P.SI, par exemple,  à élaboré un ensemble d’outils de formation et de développement de ses compétences qui permet à un salarié, habitué aux contraintes, mais aussi au confort d’un poste, de développer son « autonomie professionnelle« .

D’ores et déjà, en tant que responsable de P.SI, et titulaire d’un diplôme universitaire de Coaching, fort de 5 années passées à l’APEC, et de 7 années à l’ANPE, j’accompagne les consultants autonomes, ou les candidat à l’autonomie professionnelle, dans l’élaboration de de offre de service, tout en situant leur démarche dans un projet professionnel structuré.

L’autonomie, en effet, n’a de sens que pour celui qui sait d’où il vient et où il va. Et souvent, le présent, la prochaine mission, ne trouve son sens que par rapport à un rêve, une ambition. Ainsi, celui qui « rêve » de créer un jour son entreprise, va d’abord vouloir tester son idée auprès d’une clientèle à conquérir. Au-delà d’un certain CA, l’idée validée, il s’agira de créer sa marque, son site Internet et, bientôt, de prendre un registre du commerce et, pour certain, d’accéder dans une entreprise existante, à de nouvelles responsabilités.

Dans tous les cas de figure, le travail sur soi, l’élaboration d’un vrai projet, comportant des modules de formation, échelonné dans le temps, est un passge obligé. Le mot magique de « flexisécurité », synthèse de la sécurité et de la flexibilité, exige de chacun, un retour sur soi, une interrogation aussi, sur la personne que l’on est devenu, sur celui ou celle que l’on aspire à être. Ce retour sur soi est toujours vécu comme un moment privilégié de détente, un moment vraiment consacré à soi-même, une parenthèse dans une vie professionnelle souvent aliénante.

L’informaticien, un client interne des DRH de SSII

Le défi, pour les SSII, comme pour les entreprises utilisatrices, ou les sociétés de portage salarial, consistera de plus en plus à considérer chaque informaticien comme un client, et moins comme un « subordonné ». Le plein emploi durablement installé dans le paysage, a modifié en profondeur le rapport de force entre les informaticiens et leurs employeurs. Désormais, ils sont fondés à exiger une écoute, un accompagnement, et un appui à l’élaboration de leur projet de formation. Faute de trouver cet appui individualisé, et de s’épanouir dans une culture d’entreprise valorisante, ils partiront. La hausse du turn over, ainsi que les coûts du recrutement,  seront le prix à payer pour ceux qui ne sauront pas s’adapter à cette clientèle d’experts.

Christian Person

DG de PORTAGE SI

christian.person@portage-si.fr