Les PME innovent malgré l’instabilité fiscale

Par Yann Le GalèsService infographie du FigaroMis à jour le 06/07/2012 à 19:32 | publié le 06/07/2012 à 17:31 Réagir

INFOGRAPHIE – Plusieurs organisations professionnelles demandent des mesures pour encourager l’innovation. Le Comité Richelieu propose la création d’un nouveau statut juridique et fiscal.

Les PME françaises innovent de plus en plus. Entre 1999 et 2010, selon une étude du cabinet KPMG, elles ont représenté plus de la moitié des demandeurs de brevets. Elles s’imposent ainsi à la seconde place en Europe en pourcentage d’innovation par rapport au nombre d’entreprises, derrière leurs concurrentes luxembourgeoises mais devant leurs challengers suédois (3es), finlandais (4es), allemands (8es) et britanniques (12es). Elles déposent de plus en plus de brevets. «2012 est une bonne année pour l’innovation. Les dirigeants sont attentistes pour les investissements classiques mais lancent des projets innovants», explique François Drouin, président d’Oséo qui a financé des projets innovants pour un montant de 661 millions d’euros en 2011. Malgré ces signaux positifs, les organisations professionnelles dénoncent l’inefficacité du système français et l’instabilité fiscale. Elles regrettent que le crédit impôt-
recherche
bénéficie d’abord aux grandes entreprises et que le statut de la jeune entreprise innovante ait été raboté pour économiser quelques millions.

La situation pourrait toutefois évoluer, le gouvernement étudiant en effet la possibilité de donner un nouveau souffle au statut de la jeune entreprise innovante. Les associations militent pour ces changements. Le Comité Richelieu demande la mise en place d’un nouveau statut juridique et fiscal baptisé statut de l’entreprise d’innovation et de croissance. La CGPME propose que le crédit impôt-recherche bénéficie davantage aux PME et soit étendu aux investissements en innovation.

Ces demandes touchent tous les métiers. Car même dans les secteurs traditionnels, les entreprises innovent. À l’image d’Adam (44 salariés, 7 millions d’euros de chiffre d’affaires), société spécialisée dans la conception et la fabrication de packaging en bois pour les vins et spiritueux et qui réalise chaque année 20 % de son chiffre d’affaires avec des produits nouveaux. «Il serait souhaitable qu’il existe un dispositif d’aide à l’innovation sociale ou que cette dimension soit davantage prise en compte», explique Jean-Charles Rinn qui a repris l’entreprise en 2009 avec le soutien d’Oséo et de la Banque populaire du Sud-Ouest.

De simples sous-traitants

Gorgy Timing (48 personnes) s’est pour sa part imposé comme le numéro un européen de la synchronisation horaire sécurisée de haute précision. Ses systèmes équipent les trains, les métros, les bateaux, les rafales ou l’A 380. Présente dans les gares SNCF, les studios de radio et de télévision et dans plus de 500 centres de contrôle aérien dans le monde, la PME basée à La Mure près de Grenoble termine l’installation horaire du centre de contrôle aérien de l’aéroport de Hongkong. Implantée en Espagne, en Allemagne et en Chine où elle a créé une société commune avec le chinois Polaris, Gorgy Timing réalise la moitié de son chiffre d’affaires (4,8 millions d’euros) à l’international. Bénéficiant de l’appui d’Oséo, elle consacre 10 % de son chiffre d’affaires et emploie 12 salariés pour concevoir des produits innovants.

Malgré ces succès, son fondateur Maurice Gorgy regrette que les PME innovantes soient trop souvent considérées par les grandes entreprises françaises comme de simples sous-traitants. «Pour grandir, les PME innovantes ont besoin de l’aide des grands groupes pour gagner des clients en France et à l’export. Elles n’ont ni les moyens financiers ni le réseau de distribution pour mettre rapidement sur le marché une innovation. La réforme du crédit impôt-recherche devrait encourager les grandes entreprises à développer ce type de partenariat», affirme ­Maurice Gorgy, président de l’entreprise et administrateur du ­Comité Richelieu, une association qui regroupe plus de 300 PME ­françaises innovantes.