Christian PERSON, Président de PORTAGE SI, et expert de la Corée du Sud

Au moment où SAMSUNG devient la marque préférée des Français, il semble intéressant de mettre en miroir la réussite de la Corée du Sud, et la torpeur économique de la France.

C’est en 1992, que j’ai rencontré Monsieur Won-Joon KIM, doctorant en économie à Nanterre. Il allait devenir, plus tard, Directeur Général du Conseil de la Concurrence, en Corée du Sud, e fameux KFTC à l’origine de l’accord de libre-échange entre la Corée et l’Union Européenne. Cet accord entre la Corée du Sud et l’Europe a suscité la jalousie du Japon.

Je me souviens de la soutenance de thèse de Monsieur KIM, à Nanterre, sur « le rôle de la protection sociale dans l’économie coréenne ». Mention très bien pour une thèse préparée en 5 ans, en langue française, par un homme qui ne parlait pas un mot de français en arrivant.

Par la suite, j’ai participé à la création d’un petit journal en noir et blanc des 10 000 résidents sud-coréens en France, le journal ONIVA. Je gérais les 2 pages en langue française en tant que directeur adjoint. Afin d’affirmer notre présence et de valoriser les relations bilatérales entre la France et le tigre de l’Asie du Nord-Est, j’ai entrepris un itinéraire d’interviews de personnalités de plus en plus importantes, jusqu’au président de l’Institut mondial de Coréeanologie, Monsieur AHN Sang-Jin, le conseiller et ami du Président et Prix Nobel de la Paix, Monsieur Kim Dae-jung.

Parti d’un petit journal en noir et blanc, en 1993, nous sommes arrivés, monsieur KIM Je-Wan et moi, à un véritable magasine bi-mensuel, bilingue français-coréen, sur les relations franco-coréennes. Et, lors de mon dernier passage à Séoul, en 2004, mon ami KIM Won-Joon était conseiller économique du Président de la République NO Moo-Yun.

Récemment, la France a perdu un énorme appel d’offre à ABU DHABI, pour la constructions de centrales nucléaires. Or, l’industrie nucléaire coréenne a vu le jour dans les années 80 grâce à des transferts de technologie du français FRAMATOME.

Kepco devant Areva à Abou Dhabi

La France abat ses dernières cartes pour tenter de remporter l’appel d’offres lancé en 2008 par l’émirat d’Abou Dhabi pour plusieurs réacteurs nucléaires. Le consortium coréen Kepco, associé à Hyundai, semble désormais près de l’emporter. Le contrat estimé à 40 milliards de dollars, devrait être attribué dans les prochaines semaines.

28 novembre 2009

J’avais allerté à l’époque nombre de nos dirigeants : Alain Madelin, Christian Pierret, ministre de l’industrie, Pierre Méhaignerie, Charles Josselin de Rohan, Pierre Méhaignerie, et même le numéro 2 du PCF ou Claude-Gérard Marcus remplacé depuis lors par Pierre LELOUCHE comme président du parlement de l’OTAN…en vain ?

En 1998, un tsunami économique, dont l’épicentre était situé en Thaïlande, a balayé le monde asiatique. Il est facile de l’oublier aujourd’hui, mais là-bas, en Corée du Sud, personne n’a oublié. Comme pour la Grèce aujourd’hui, la Corée du Sud a dû accepté un recours au FMI. Une humiliation nationale totale !

A cette époque, en quelques mois, a monnaie coréenne, le Won, avait perdu la moitié de sa valeur et les étudiants coréens en France rentraient chez eux en nombres, la peur au ventre. Le géant DAEWOO, victime d’un endettement massif allait être découpé en morceaux. C’est ainsi que GM MOTORS a racheté DAEWOO MOTORS. RENAULT a alors mis la main sur SAMSUNG MOTORS (cf mon interview du PDG de RENAULT-SAMSUNG)…

Aujourd’hui, en 2011, Korea is back. Restructurée l’économie coréenne et ses chaebols sont repartis à l’attaque des marchés mondiaux dans presque tous les secteurs d’activité, et particulièrement dans l’électronique grand public où SAMSUNG, par exemple est en passe de devenir le leader mondial.  Cette marque est déjà, selon le FIGARO, la marque préférée des Français.